La Quête de la Souveraineté Économique et Monétaire pour l’Afrique du XXIe Siècle

Quelles leçons et pistes à suivre
7 – 8 – 9 Novembre, Tunis

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Appel à Contributions

De nos jours le sujet de la souveraineté monétaire est débattu partout. C’est particulièrement le cas en Afrique de l'Ouest, aux Etats-Unis, en Allemagne et dans tous les autres pays où les sujets des devises et de la dette ont été récemment re-politisées.

 

Aux Etats-Unis, les démocrates socialistes débattent des perspectives et des écueils de la théorie monétaire moderne, le débat est aussi vif pour la zone euro, qui réussit à contourner les problèmes majeurs de l'union monétaire européenne, mais cela ne semble pas être une solution durable. Vu du continent Africain, la souveraineté monétaire a été un pilier central dans la recherche de l'indépendance économique et politique et de l’affirmation de la souveraineté par rapports aux anciens colonisateurs, qui d’ailleurs, dans le cas du franc CFA, continuent jusqu’à ce jour de contrôler les politiques monétaires et de change de de la zone Franc.

 

En organisant cette conférence internationale, nous aimerions ouvrir la discussion sur l'argent, la dette et la dépendance, ainsi nous souhaitons intégrer dans le débat sur les relations monétaires mondiales, l’analyse de la dépendance africaine, souvent cloisonnée dans une perspective Euro-centrique. Nous nous poserons la question de savoir à quoi ressemblerait l'indépendance et la souveraineté monétaire et financière de l'Afrique et ce qu'elles impliqueraient. Nous explorerons plus en détail, les possibles marges de manœuvres de politiques monétaires pour les pays africains en fonction de leurs degrés de souveraineté monétaire ? Finalement, nous examinerons concrètement comment peuvent s’organiser et peuvent être développées des systèmes financiers et monétaires alternatifs, des systèmes qui rendraient possible la transformation socio-écologique du continent, et une vie digne dans le contexte africain.

 

Dans cette conférence nous réfléchirons aux diversités des schémas de dépendance et de souveraineté sur l'ensemble du continent et sur la façon dont cette dépendance monétaire interagit avec d'autres formes de dépendance (telles que la dépendance au commerce, à la dette, et la dépendance historique et politique). Nous discuterons des défis auxquels font face les communautés et les gouvernements africains qui continuent à utiliser pour leur propre développement, un système financier capitaliste mondialisé. Nous examinerons à quel point les pays africains ayant des monnaies souveraines sont contraints par l’inflation par opposition aux contraintes financières.

Dans quelle mesure cette affirmation s'applique-t-elle aux pays confrontés à une contrainte de balance des paiements, une contrainte de ressources ou une contrainte technologique ? Nous examinerons les contraintes institutionnelles mondiales imposées aussi bien par l'Union Européenne que par d’autres institutions financières internationales (IFIs) telles que le FMI et la Banque mondiale, ainsi que la manière dont elles traitent les questions financières et monétaires et en particulier la dette, un processus/médium qualifié par Thomas Sankara de reconquête de l'Afrique intelligemment gérée”.
Nous examinerons, en outre, les priorités du pouvoir impérial des IFIs et les raisons internes qui poussent les gouvernements africains à ne pas poursuivre des stratégies bénéfiques à la population d’une manière générale.

 

La conférence abordera également les discussions approfondies sur l'intégration monétaire africaine dans une perspective comparative mondiale. En effet, malgré les récentes turbulences dans la zone Euro, pour de nombreux observateurs et panafricanistes, l'intégration monétaire africaine est la voie de l'autonomie financière et monétaire. Nos débats seront donc guidés par les questions suivantes : Les monnaies régionales uniques sont-elles un système monétaire adéquat pour l'Afrique ? Le projet de création d'une Union africaine est-il une simple émulation de la zone euro et est-il sujet aux mêmes conséquences désastreuses ? L'intégration monétaire pourrait-elle être conçue autrement que par le biais d'unions de monnaie unique ? Les monnaies et les systèmes de crédit peuvent-ils transcender l'État-nation et être contrôlés par la communauté ? Enfin, un système monétaire international est-il nécessaire ? et quels seraient les éléments de ce système qui compromettraient les besoins économiques et financiers des pays du Sud et des pays africains en particulier, où se déroulent en grande partie des processus de dépossession ?

 

Nous aimerions inviter les contributeurs potentiels à soumettre des résumés sur tous les sujets associés au thème principal de la conférence ainsi que des résumés traitant des thèmes énumérés ci-dessous :

 

  1. Les défis monétaires et financiers en Afrique :

La dépendance monétaire, en tant que caractéristique du colonialisme Européen, demeure jusqu’à ce jour une caractéristique généralisée du continent africain dans son ensemble. Après le remplacement des monnaies locales, les monnaies coloniales circulant dans la zone monétaire coloniale ont été mises en place. Des monnaies telles que le franc CFA demeurent et sont toujours liées aux politiques monétaires et des changes coloniales de l’ancien pays colonisateur. Au même temps, les pays qui, après l'indépendance, ont créé leur propre monnaie et leur propre banque centrale, ont encore beaucoup de mal à s'affranchir des contraintes coloniales et des conditions imposées par les prêts des institutions financières internationales. La pression politique exercée sur les pays endettés, les poussant à conclure des accords dits de libre-échange, mettant en danger leur souveraineté alimentaire et énergétique, aggravant leurs balances de paiements, ce qui accroit par conséquent, leurs besoins en devises étrangères. Tout ceci remet en question la souveraineté politique des pays africains anciennement colonisés.

 

Quels sont les principaux défis monétaires et financiers auxquels l'Afrique a été confrontée dans son passé ? Lequel de ces défis persiste encore aujourd'hui ? Quels sont les défis pour l'avenir ? Quelles leçons pouvons-nous tirer des tentatives historiques de construire des alternatives à la dépendance de la dette dans le contexte africain ? dans quelle mesure la soi-disant indépendance des banques centrales peut-elle servir le processus d'indépendance financière et économique ? En quoi consisteraient des "accords commerciaux pour les peuples" ? Quels sont les dangers actuels liés aux partenariats public-privé (PPP), aux flux financiers illicites et à l’émergence des paradis fiscaux ?

 

  1. La voie de l'intégration monétaire et financière africaine :

L'idée d'une monnaie continentale panafricaine ou du moins d'une union africaine des paiements a été avancée par des dirigeants africains comme Kwame Nkrumah au début des années 60. Comment ce projet a-t-il évolué depuis lors jusqu'à aujourd'hui ? Comment évaluer l'état actuel de l'intégration monétaire dans les communautés économiques régionales africaines ? Quels progrès ont été réalisés en ce qui concerne tant la conception des systèmes de paiement régionaux africains que l'intégration des marchés financiers ? Dans quelle mesure la domination des banques étrangères freine-t-elle la quête panafricaine de souveraineté monétaire et financière ?

 

  1. L'expérience de la Zone Euro :

L'Euro a été imposé à la majorité des Européens à l'époque, au cours de ses premières années, il a bénéficié d’un large soutien, mais ce soutien ne cesse d’effriter au cours des dernières années de crise. Le verdict sur les parties bénéficiaires de l'Euro, et la manière dont elles en bénéficient, n’a toujours pas été rendu. D'une part, l'intégration des marchés des capitaux européens et l'unification de la politique monétaire ont favorisé l'octroi de prêts imprudents et la perte de l'instrument de dévaluation monétaire comme instrument politique souverain. D'autre part, l'inflation nominale a été effectivement maîtrisée et n'a plus été un problème dans l'UE depuis des décennies. Y a-t-il une leçon à tirer de l'expérience de la zone euro pour le continent africain, faut-il éviter à tout prix toute forme d'union monétaire, ou peut-on en concevoir de meilleures unions que celle de la zone euro ?

 

  1. Voies vers un système monétaire permettant une vie digne et un environnement sain :

Les pays africains souffrent de trois faiblesses structurelles : le manque de souveraineté alimentaire, le manque de souveraineté énergétique et la dépendance excessive vis-à-vis des exportations à faible valeur ajoutée. Il en résulte des niveaux élevés d'endettement extérieur et des pressions à la baisse sur le taux de change. Cette perte de souveraineté monétaire oblige les pays africains à une course vers le bas dans une quête perpétuelle d'industries capables de générer des réserves de devises étrangères. Comment repenser la relation entre la faible souveraineté monétaire et la dépendance excessive à l'égard des industries extractives, du tourisme, des exportations à faible valeur ajoutée et des investissements directs étrangers ? Comment les pays ayant un fort degré de dépendance à l'égard des devises étrangères peuvent-ils redresser leurs balances commerciales afin d’engager la transition vers la souveraineté monétaire ? Quel est le rôle des partenariats commerciaux Sud-Sud dans le rétablissement de la souveraineté monétaire ? Quel est le rôle de l'agriculture durable et de l'écotourisme dans la création d'un nouveau modèle de développement économique ? Comment pouvons-nous donner la priorité à l'investissement dans l'éducation, la formation professionnelle et la recherche et le développement pour répondre aux besoins de l'économie nationale et accroître la valeur ajoutée de la production nationale ? Comment les Africains peuvent-ils surmonter l'obsession néolibérale des institutions financières internationales, des partenaires commerciaux et de l'assistance technique extérieure ? La création d'une structure internationale alternative est-elle une option réalisable permettant une transformation économique émancipatrice en Afrique ?

 

 

  1. Décoloniser l'économie dans le contexte africain : 

L'éducation dans la discipline de l'économie dans le contexte africain reste centrée sur les besoins des économies coloniales et impériales, qui sont extractives, détruisent les modes de production indigènes, et suivent l'impératif de la croissance capitaliste illimitée. Ces impératifs se sont traduits par des politiques et des réformes pour une production orientée vers l'exportation et une augmentation de la dépendance à l'égard des devises étrangères en utilisant le schéma de la dette extérieure. Alors que la décolonisation de la production du savoir et de l'éducation dans le domaine des sciences sociales et de l'histoire est de plus en plus remise en question, la discipline économique et les politiques publiques, restent encore, dans le contexte Africain, de plus en plus structurées et dominées par l'économie néoclassique. Cependant, en Afrique du Sud, les mouvements d'étudiants en économie ont été de plus en plus nombreux à réclamer un programme d'études décolonisé, rappelant le caractère incomplet de la décolonisation : le processus qui bouleverse la rationalité coloniale : Ce sont précisément ces mouvements qui remettent en question le rationalisme économique occidental et l'eurocentrisme comme principaux fondements de l'éducation en économie. Comment la nécessité de produire des connaissances alternatives peut-elle se matérialiser et s'étendre dans l'Afrique d'aujourd'hui, dans le contexte de la domination économique néocoloniale des institutions financières mondiales ?  Comment pouvons-nous développer des formes d'enseignement en économie qui placent les réalités économiques du contexte africain au cœur du curriculum et aidant à développer des récits et des solutions alternatives à la crise de la dette et à la dépendance monétaire et financière ?  Que signifie une décolonisation de l'économie dans le contexte africain ? Qu'est-ce que cela implique en termes pratiques 

        

 

Procédures de soumission, calendrier et autres informations

 

Les contributeurs sont invités à soumettre une proposition sous la forme d'un résumé (en anglais ou en français) ne dépassant pas 500 mots au plus tard le 12 Juin 2019 à l'adresse électronique suivante :

 

monetarysovereigntyafrica@gmail.com

 

Les propositions seront examinées par le comité organisateur. Le 10 juillet 2019, les contributeurs sélectionnés seront invités à écrire leurs contributions d'un maximum de 7 000 mots à envoyer au plus tard le 31 octobre 2019.

 

Les frais de voyage - billet d'avion, transport interne, hébergement et restauration - des participants sélectionnés seront pris en charge par la Fondation Rosa Luxemburg.

 

Les résultats de la conférence seront diffusés sous deux formats. D'abord, de courtes vidéos des présentations seront montées et publiées sur YouTube. Deuxièmement, pour ce qui est de la production savante, nous prévoyons éditer et publier plus tard toutes les contributions sous la forme d'un livre édité.

 

 





À Propos De Nous

Membres Du Comité D'organisation :


Maha Ben Gadha


Ines Mahmoud


Dr Ndongo Samba Sylla


Dr Kai Koddenbrock


Dr Fadhel Kaboub


Responsable des programmes économiques, Rosa Luxemburg Stiftung, bureau Afrique du Nord Associée de recherche, Rosa Luxemburg Stiftung, bureau Afrique du Nord Responsable de programme, Rosa Luxemburg Stiftung, bureau de Dakar Professeur par intérim d'études politiques internationales, Faculté d'Economie, Université Witten-Herdecke Professeur agrégé d'économie, Denison University, et Président de Global Institute for Sustainable Prosperity





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Coordonnées

Email

monetarysovereigntyafrica@gmail.com





Principaux Intervenants



Dr. Silvia Federici

Dr. Heiner Flassbeck

Dr. Daniela Gabor

Dr. Fadhel Kaboub

Dr. Jan Kregel

Dr. Kai Koddenbrock

Dr. Cedric Achille Mbeng Mezui

Dr. Prabhat Patnaik

Dr. Jerome Roos

Dr. Ndongo Samba Sylla

Dr. Adam Tooze

Dr. Chibuike Uche